Le Lean Six Sigma est mort, vive le Lean Six Sigma Flash !

Pourquoi une approche Flash du Lean Six Sigma ?

Le Lean Six Sigma est clairement en perte de vitesse. Non pas parce qu’il n’a pas de résultats; cela a été démontré dans de nombreuses entreprises – l’exemple de General Electric qui a eu un ROI (Retour sur Investissement) > 9 dans les années 2000. Mais que son mode de déploiement ne correspond probablement plus à l’accélération et la digitalisation des activités, notamment liée à la crise COVID.

Force est de constater qu’il y a de moins en moins de formations et certifications à être Green Belt, Black Belt, Master Black Belt Lean Six Sigma. Certains tentent de se rapprocher avec le Lean Management pour profiter de la vague Lean Management, elle aussi en baisse. Mais soyons réalistes : le Lean Six Sigma n’a plus le vent en poupe…

Il est donc nécessaire de revoir l’approche et l’organisation :

Nous aurons toujours besoin de Green Belt et Black Belt, ainsi que Master Black Belt; mais ceux-ci resteront en support, et participation active de la démarche. Reste qu’ils concernent moins de 1% -au mieux- des membres d’une organisation.

Quant aux Yellow Belt, ils sont sensibilisés, puis ‘lâchés dans la nature’, en d’autres termes… ils ne pratiquent pas, et pour la plupart épaulent les Green Belt et les Black Belt. Donc sans pratique, pas de gains…

Comment du coup s’approprier l’approche Lean Six Sigma, pour briser les coûts astronomiques des silos et manques de transversalité au sein de nos organisations ?

Un rôle, voire une posture de pilote Lean Six Sigma Flash

Justement, une approche contextualisée au plus grand nombre, consiste à approcher des volontaires avec une méthodologie Lean Six Sigma Flash. Quelles en sont les composantes ?

  • S’appuyer sur l’essence du Lean Six Sigma : principes de méthodologie DMAIC, focus efficacité Processus, analyse visuelle des données et pilotage en transverse
  • Ajuster un système d’outils cohérents selon les 5 étapes Define Measure Analyze Improve Control avec 3 outils phare par étape, pas plus ne sont nécessaires dans la majorité des cas !
  • Appliquer cela dans le périmètre concerné par chacun : des processus entre équipes ou clients/fournisseurs internes. Ces processus à ‘courte échelle’ qui sont si peu optimisés, et qui coûtent beaucoup à l’entreprise’

Finalement, un rôle pour tout manager, acteur dans l’organisation…

Se former, voire certifier pilote Lean Six Sigma Flash !

Oui, si vous avez le temps de faire une formation Green Belt, ou Black Belt, foncez. Regardez cependant, sur les outils qui vous sont donnés, lesquels vous utilisez vraiment… Et appliquez le principe de Pareto.

Dans un grand groupe Telecom Européen, je demandais aux Master Black Lean Six Sigma combien de plan d’expérience ils avaient pu trouver dans leur organisation. Un plan d’expérience est indispensable en pratique pour un Black Belt, et ils avaient déjà des centaines de Black Belt. Réponse : deux plans d’expérience pour plusieurs centaines de personnes à former… Est-ce vraiment de la valeur ajoutée ? Oui, connaître le plan d’expérience est utile. Non, s’il ne sert pas le business, ne nous y formons pas, même en Black Belt industrie. Nous aurons bien l’occasion d’aller chercher un expert sur ce sujet, si le cas se présente… Ça, c’est une organisation Lean…

Ayant moi-même contribué à la certification AFNOR NF X 06-091 avec une douzaine d’autres Master Black Belt en 2010, sur les compétences des Green Belt et des Black Belt en industrie et services, j’avais du mal à reconnaître la nécessité, encore plus dans les services, d’un Green Belt de savoir pratiquer des outils statistiques.

Avec une décennie de recul, de centaines de projets et d’équipes accompagnés sur l’excellence opérationnelle (Lean Six Sigma, lean, agile…), je valide depuis plusieurs années, et encore plus dans notre contexte de crise que dans la majorité des cas ce n’est pas nécessaire, notamment dans le monde des services. Il en est de même sur des outils de processus trop avancés, ou de mise en flux dans le contexte du lean.

Donc faisons comme le fait l’agile : privilégions l’appropriation avec une approche ouverte, accessible à tous et utile de suite. Et ce sera la renaissance du Lean Six Sigma, plus accessible, toujours aussi puissant (à 80 ou 90%), en tout cas en regard des autres approches.

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