Tesla : succès par le lean et/ou l’agile

Tesla, constructeur renommé de voitures électriques, surpasse aujourd’hui en notoriété et capitalisation boursière Toyota qui produit pourtant 20 fois plus de véhicules -presque 10 millions en regard des peut-être 500.000 prévus par Tesla en 2020… Et ceci en l’espace de quelques mois seulement… À quoi est due cette notoriété de Tesla dans le monde automobile ? Est-ce grâce au lean ? À l’agilité ? Ou aux deux en même temps ? Ou à d’autres raisons ? Découvrons ensemble les raisons du succès de Tesla.

Comment Tesla est devenue la première capitalisation dans l’automobile ? 

Tesla vise à produire des voitures répondant à de fortes ambitions environnementales. Des voitures qui se veulent plus écologiques. Pensant que les robots et l’automatisation peuvent accélérer leur rythme de production, Tesla a sous-évalué le travail manuel. Tesla a rapidement constaté que leur production ne pouvait plus suivre la cadence du marché. Les robots n’étant pas assez compétents techniquement parlant, Elon Musk, CEO fondateur de Tesla, change complètement de stratégie en mettant en avant le côté humain. 

Les critères conduisant Tesla à devenir la première capitalisation d’automobile s’appuient sur :

  • Tesla a promis une voiture complètement autonome en 2020-2021, ce qui est une véritable révolution dans le domaine de l’automobile et, plus globalement, de la mobilité. 
  • Durant la pandémie de COVID-19, les véhicules électriques ont connu un essor considérable par rapport aux voitures à combustion. Selon les études, le marché automobile s’effondre à plus de 70% alors que le marché des voitures électriques a une croissance d’un peu plus de 18%. Cet effet est lié à une combinaison de la volonté de réduire les effets de serre ainsi que l’importance de l’écologie en réaction aux périodes de confinement.
  • Avant d’être un constructeur automobile, Tesla est un géant du numérique et de la technologie… De par l’expérience d’Elon Musk précédente de Paypal notamment.
  • Tesla a tenu sa promesse, faites depuis plusieurs années, d’augmenter sa cadence de production de voitures, qui maintenant rassure.

Tesla et le lean : un désamour

Le CEO de Tesla, Elon Musk, est l’un des rares dirigeants de constructeur d’automobiles ne suivant pas le modèle de Toyota Production System : “le lean”. À l’exemple de l’analyse de John Shook, référent en Lean, qui décrit la stratégie différente de tester et d’ajuster progressivement : “chaque chose à propos de Tesla est supposée être rapide : la voiture, le processus de développement, le lancement, la production”.

Néanmoins, Elon Musk ne renie pas les apports du lean, mais contrairement aux autres, il l’utilise différemment. C’est là que se trouvent sa force et sa différenciation. 

Tesla et l’agilité : l’approche GAFA en industrie

Pour rappel, avant de devenir constructeur automobile, Tesla était une entreprise technologique et c’est exactement dans ce domaine qu’elle met en oeuvre son agilité. Elon Musk l’a expérimenté dans ses précédentes expériences comme Paypal. Et depuis, il s’est forgé une grande réputation. Ayant constaté l’importance de l’agilité dans le pilotage d’une entreprise, il s’en est inspiré pour diriger son entreprise mais aussi dans plusieurs de ses projets, comme Space X.

Elon Musk a déclaré lors d’une interview que sa plus grande erreur était de sous-évaluer les êtres humains et d’avoir mis en avant l’intelligence artificielle qui, de son point de vue, est très limitée. Souhaitant aller de l’avant, il aborde de nouvelles stratégies. Dans son processus de production, il conçoit de nouvelles idées, améliore au fur et à mesure par le biais d’itérations et apporte des solutions concrètes aux clients.

En conclusion, la croissance de la capitalisation boursière de Tesla qui a fait x 4 en 4 mois est clairement l’effet d’une bulle boursière, alimentée par les effets du COVID-19. Mais au-delà un premier regard rapide, apprenons en quoi cela pourrait nous être utile de nous inspirer de leur approche de l’humain et de l’agilité en industrie, dont a notamment fortement besoin l’industrie automobile… Tout en relativisant : Tesla reste un très petit producteur de voitures en regard des mastodontes comme Toyota, Volkswagen, Hyundai, General Motors ou Ford qui produisaient jusqu’en 2019 plus de 6 millions de véhicules par an.

Maintenant il est stratégique d’anticiper à l’ère de l’impact du COVID-19 en quoi la trajectoire de Tesla peut révolutionner le monde de l’automobile et peut-être faire évoluer fortement impactée…

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